Conférence : Encourager le libre dans les associations

Les 12 et 13 avril derniers, la quinzième journée du logiciel libre a été organisée par l’Association Lyonnaise pour le Développement de l’Informatique Libre. De nombreuses conférences ont eu lieu présentant différents logiciels libres, leurs utilisations dans le cadre personnel ou professionnel, ainsi que plusieurs associations qui ont pour but de promouvoir les logiciels libres. Plusieurs grands noms du monde libre était présents tels que Framasoft, PLOSS-RA, APRIL, LinuxFr. Des ateliers étaient organisés avec des laboratoires de création d’objets, de l’impression 3D et des Install Party libres. Tout ceci au milieu de nombreuses conversations qui mêlaient partage et bonne humeur. Quelques heures dans les locaux m’ont permis de rencontrer plusieurs membres de ces associations et d’assister à certaines conférences. Voici un petit compte rendu d’une conférence sur l’encouragement du libre dans les associations.

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Pourquoi encouragez le libre dans les associations?

Cette conférence a été donnée par un membre de Framasoft, Pierre-Yves Gosset. Framasoft est une association, un réseau de bénévoles cherchant à promouvoir la culture du libre et notamment les logiciels libres. Sur leur site est présent un annuaire important de logiciels libres qui permet facilement de trouver l’outil dont on a besoin. Il est également possible de trouver plusieurs services tels qu’un outil de mindmapping, un éditeur de prise de notes et de travail collaboratif Framapad, ainsi qu’un outil permettant de réaliser des sondages, FramaDate. Je vous invite à les contacter si vous pensez que votre association ou votre organisme peut bénéficier des avantages des logiciels libres, ils pourront vous aider dans vos démarches.

La conférence commence sur la présentation du concept du « libre ». Le libre réunit plusieurs droits. Le premier droit est de pouvoir utiliser l’outil. Il est également possible de le partager, de l’étudier et de le modifier. L’exemple utilisé lors de la conférence était celui d’une recette de cuisine. Il permet de représenter facilement le concept. Une recette libre est utilisable pour faire un bon plat, vous pouvez bien sûr la modifier selon vos envies et la partager. Ensuite, le présentateur nous propose de nous pencher sur deux outils très importants aujourd’hui sur Internet et leur entreprise respective qui sont Google et Facebook.

Google est une entreprise Californienne fondée en 1998 et offrant des services depuis 2004. Cette entreprise est basée sur la volonté d’organiser les informations mondiales et de les mettre à disposition d’un maximum de personnes. Aujourd’hui, les services que propose Google sont très nombreux : moteur de recherche, réseau social, client mail, outil de bureau, technologies mobiles… De nombreux services qui sont utilisables gratuitement par tous les internautes et notamment les associations. Par ailleurs, Facebook est un réseau social mondial qui s’est développé depuis 2004, et qui atteint aujourd’hui environ 1,3 milliards d’utilisateurs. Cette plateforme permet le partage de messages, photos, intérêts, entre les personnes inscrites sur le site. De très grandes quantités de données sont ainsi échangées sur le site de manières quotidiennes : 136 000 photos sont ajoutées au site chaque minute. La totalité de ces données représente environ 500 TeraOctet de données quotidiens. La présence des associations sur ce réseau social leur assure d’être visibles par beaucoup de personnes rapidement.

Ces sites permettent aux associations de faire une partie de leur communication à moindre coût et d’avoir des outils performants gratuitement. L’auteur de la présentation insiste sur le fait qu’il utilise lui-même ces outils car ils apportent une solution simple d’utilisation et très rapide. Cependant, ces outils restent la propriété des entreprises qui les proposent et s’ils sont gratuits aujourd’hui, peut être ne le seront-ils pas demain. Ces entreprises sont également connues pour le fait qu’elles conservent beaucoup de données sur les utilisateurs. Pierre-Yves Gosset explique que beaucoup de personnes utilisent ces services de manière peu adaptée en se reposant entièrement dessus sans connaître les alternatives disponibles. D’après lui, les associations gagneraient à se rendre plus indépendantes des outils propriétaires. Les logiciels libres fournissent une alternative à ces outils et assurent aux associations la confidentialité et la sécurité de leurs données, sans coût supplémentaire. Ces sites sont utiles mais une organisation qui n’utilise que ces services pour son fonctionnement quotidien est entièrement tributaire de leurs propriétaires. En cas d’imprévu, tout le système de l’organisation peut être inutilisable. L’utilisation de matériel concurrent permettrait à ce type d’organisation de s’assurer une sécurité minimum en cas de dysfonctionnement ou en cas de changement dans les règles d’utilisation de chacun de ces services. La multiplication des sources de ces services peut multiplier les coûts. Le libre répond à cette problématique en fournissant de nombreuses alternatives indépendantes gratuites et qui, disposant d’une communauté parfois importante, bénéficie d’une sécurité fiable.

On peut faire un parallèle avec MegaUpload. Ce site de partage de fichiers était utilisé par beaucoup de personnes dans le monde pour s’échanger des documents. A la fermeture de ce site en 2012, l’intégralité des documents partagés ont été bloqués, il était impossible aux utilisateurs de les récupérer. Si une association avait basé l’intégralité de son système de gestion de documents sur cette plateforme, elle perdait tous ses documents malgré les coûts engagés. L’auto hébergement permet de se séparer de ces outils à faible coût grâce à de nombreuses offres à bas coût et assure à l’association la disponibilité de ses ressources.

Conclusion personnelle

De mon point de vue, les logiciels libres sont effectivement une source de solutions alternatives qui permettraient aux associations mais également aux particuliers de se séparer des outils très connus qui dominent le marché actuellement. La difficulté à laquelle se heurte le monde libre est le manque de visibilité. Windows domine le marché des ordinateurs personnels, et laisse peu de visibilité aux systèmes Linux, libres qui sont très peu connus des particuliers. Linux ne convient pas à tous, mais s’il était plus visible sur le marché, je pense qu’il pourrait rapidement gagner certaines parts de marché. Les logiciels libres de manière générale peuvent eux aussi répondre à de nombreux besoins et permettre une diversification des outils pour augmenter leur fiabilité et la sécurité des organismes par rapport à leurs données.

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